Lettre mensuelle | Mars 2020

LA RÉSERVE FÉDÉRALE BAISSE SES TAUX PAR SURPRISE DE 0.5% VERS UNE FOURCHETTE DÉSORMAIS COMPRISE ENTRE 1% À 1.25%

0.80% LE RENDEMENT À 10 ANS DES BONS DU TRÉSOR EST AU PLUS BAS HISTORIQUE EN DÉBUT DU MOIS DE MARS

Perspective d’investissement

Si janvier a été un mois agité, février s’est avéré beaucoup plus dramatique et les craintes relatives au virus se sont emparées des marchés. Les actions ont terminé le mois en chute libre et la chute des rendements obligataires s’est accélérée. Au cours de la dernière semaine, le rendement des bons du Trésor à 10 ans s’est rapproché du niveau psychologique de 1 %, alors que les indices actions principaux ont chuté d’environ 12 %, leur plus forte baisse hebdoma-daire depuis la crise financière de 2008. L’indice MSCI World, en monnaie locale, a enregistré une perte mensuelle de 8,2 %. Les rendements à 10 ans du bon du Trésor et du Bund ont baissé de 0.36% et 0.17% respectivement, pour atteindre des niveaux de 1,15% et – 0,61% à la fin du mois. Dans le domaine des matières premières, les prix du pétrole ont chuté en territoire « bear market », tandis que des facteurs techniques ont empêché le prix de l’or de bénéficier de la baisse des rendements réels et de l’affaiblissement du dollar.

La chute des actions à fin février a été d’une violence extrême et a été la correction boursière américaine la plus rapide de l’histoire ; en seulement sept jours de trading, le S&P 500 a chuté de 12,8 %, effaçant ainsi plus de cinq mois de gains et l’indice Dow Jones a perdu plus de 1’000 points deux fois en une semaine. Comme à la fin 2018, les marchés ont été totalement guidés par le sentiment et par une spirale négative qui a fait chuter les prix sans relâche. Le dollar est un autre actif qui a été durement touché par les événements de fin de mois. La chute des rendements du Trésor et les attentes élevées en matière de réduction des taux par la Fed ont été les principaux facteurs de la dépréciation soudaine du dollar ; celui-ci a rapidement perdu plus de 2 % par rapport à l’euro, passant de 1,079 dollar par euro le 20 février à 1,103.

L’impact du coronavirus sur les données économiques commence seulement à produire ses effets ; les chiffres officiels chinois et ceux du Caixin PMI Manu-facturing pour février ont plongé à des niveaux bien inférieurs à ceux observés pendant la crise financière. Les données à venir dans le monde entier refléte-ront de plus en plus la contraction de l’activité économique, la réduction des déplacements et la disruption de la chaîne d’approvisionnement.

Stratégie d’investissement

L’épidémie du virus COVID-19 représente un événement totalement inattendu et imprévisible, autrement connu sur les marchés financiers sous le nom de “black swan”. Nous ne sommes pas qualifiés pour pouvoir prédire l’issue finale de cette épidémie, mais les choses risquent d’empirer avant de s’améliorer. Suite à la violente correction des actions à la fin du mois de février, la première semaine de mars ressemble davantage à des montagnes russes avec d’énormes fluctua-tions dans les deux directions; il est probable qu’il faudra un certain temps avant que les marchés ne se stabilisent.

Compte tenu de ce niveau d’incertitude extrême, nous avons décidé de ne pas réduire notre allocation en actions mais d’acheter de la protection. Cette décision tactique nous per-met de maintenir notre exposition aux actions, qui est basée sur nos perspectives à long terme. Elle contribue également à atténuer les pertes du portefeuille si l’impact final de cette épidémie de virus s’avérait beaucoup plus dommageable pour l’économie et les marchés financiers. Si les marchés s’avèrent résistants, l’achat de cette protection représentera un coût d’opportunité pour les portefeuilles, un prix limité à payer compte tenu de la baisse potentielle des marchés des actions dans le pire des cas.

LES MARCHÉS DOIVENT FAIRE FACE À UN NIVEAU D’INCERTITUDE CROISSANT

Activité des portefeuilles / nouvelles

Après un fort rebond des actifs risqués durant la première moitié de février, le reste du mois s’est avéré beaucoup plus négatif pour la performance des portefeuilles. Seul un petit nombre de positions a produit des contributions positives ; il était néanmoins rassurant de constater que certains fonds alternatifs ont terminé avec des gains mensuels. Tous les fonds d’actions ont baissé, ce qui n’est pas surprenant. Les actions japonaises ont été les pires détracteurs, tandis que celles des marchés émergents se sont mieux comportées en termes relatifs ; nous pensons toujours que les valorisations et le potentiel de hausse des deux classes d’actifs seront favorables lorsque les marchés finiront par retrouver leur sérénité. La baisse de la plupart des fonds de crédit a été contenue en vue de l’élargissement des écarts de crédit, notamment en raison de la baisse des taux sans risque.

Au tout début de mars, nous avons profité d’un fort rebond des actions américaines pour renforcer les portefeuilles en achetant un Put S&P 500 échéant à fin juin. L’impossibilité de prévoir l’impact final de la contagion du virus COVID-19 sur l’activité économique et sur les bénéfices des entreprises au cours des mois à venir nous a amené à acheter cette option de vente.

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