Lettre mensuelle | Octobre 2019

L’ENCOURS MONDIAL DE LA DETTE À RENDEMENT NÉGATIF ATTEINT 17 MILLE MILLIARDS DE DOLLARS

10% LE TAUX « OVERNIGHT » REPO GRIMPE SUBITEMENT

Perspectives d’investissement

Les actifs risqués se sont bien comportés en septembre, les tensions commer- ciales s’étant quelque peu atténuées. Le MSCI World s’est apprécié de 2,2 %, tandis que la dette souveraine a perdu une partie de sa forte progression depuis le début de l’année. L’or a également consolidé en raison de la hausse des rendements et du raffermissement du dollar américain. Le mois dernier a été marqué par une attaque majeure contre l’infrastructure pétrolière de l’Arabie saoudite qui a déclenché une flambée des prix du pétrole ; celle-ci ne s’est toutefois révélée que temporaire, car une reprise plus rapide que prévue de la production et la libération de réserves stratégiques ont ensuite fait chuter les prix en dessous de leurs niveaux de fin août. La formation d’un nouveau gouvernement de coalition en Italie et une série de défaites pour le gouvernement britannique de Boris Johnson, perçues comme réduisant les chances d’un Brexit sans accord, ont été bien accueillies par les investisseurs. Les réunions de la Banque centrale européenne et de la Réserve fédérale américaine étaient très attendues par les marchés. La BCE a décidé de réduire les taux de 0,1 % à – 0,5 %, de relancer son programme d’achats (20 milliards d’euros par mois) et d’introduire des “paliers” pour les banques afin de limiter l’impact des taux négatifs sur leur rentabilité. La BCE proposera également aux banques de nouveaux TLTROs (financements ciblés à long terme) à des conditions favorables. De son côté, la Fed a réduit ses taux de 0,25 % pour les ramener dans une fourchette de 1,75 % à 2 %, mais elle ne s’attend pas à d’autres baisses de taux cette année. Les membres du Federal Open Market Committee (FOMC) étaient très divisés sur la prochaine étape de la banque, sept membres souhaitant au moins une réduction supplémentaire en 2019. L’encours total de la dette à rendement négatif dépassait 17 billions de dollars au début de septembre. Selon Bloomberg, 30% de tous les titres bien notés (IG) se négocient à des rendements inférieurs à zéro, y compris les obligations de sociétés. Avec le retour des banques centrales en mode d’assouplissement et le ralentissement de la croissance économique mondiale, ce stock de dette à rendement négatif pourrait bien continuer à s’accroître.

Stratégie d’investissement

Depuis le début de l’année, le consensus du marché anticipait une reprise de l’économie mondiale au second semestre. Ce scénario optimiste s’éloigne de plus en plus, les données macroéconomiques ne montrant pas de signes de rebond. Nous avons été très surpris que les marchés aient écarté ces préoccupations si facilement et placé une si grande confiance dans la capacité des banques centrales à fournir un soutien additionnel à même de prolonger le cycle économique. Lespremiers signes d’un début de faiblesse des dépenses liéesaux ménages, jusqu’ici résilientes, ne feraient probablement qu’amplifier les craintes actuelles en matière de croissance. La publication prochaine des résultats de sociétés pour le troisième trimestre risque de mettre l’accent sur l’impact de la conjoncture économique sur les perspectives des bénéfices futurs et les dépenses en investissements. Ces éléments expliquent en grande partie pourquoi nous maintenons un positionnement plus prudent des portefeuilles dans le but de protéger nos solides gains depuis le début de l’exercice. Comme nous nous y attendions, les rendements obligataires ont rebondi par rapport à leur plus bas de l’année, le rallye obligataire ayant été clairement suracheté et les investis- seurs ayant pris quelques bénéfices. Toutefois, une forte hausse des rendements obligataires n’est pas notre principal scénario, dans un contexte de ralentissement de l’activité économique et de politiques monétaires plus souples.
LA FAIBLESSE DE L’ÉCONOMIE RISQUE DE PESER DAVANTAGE SUR LES MARCHÉS

Activité des portefeuilles / nouvelles

Les portefeuilles ont terminé le mois de septembre en hausse grâce aux performances positives des positions en actions. Le rebond des rendements obligataires a fait que la contribution globale de la classe d’actifs des titres à revenu fixe a été neutre. La meilleure contribution du mois dernier provient de notre fonds U.S. investi dans les titres de valeur, qui a profité de la rotation des actions de croissance vers les actions de valeur. Il est encore trop tôt pour savoir si ce changement s’avérera une tendance temporaire ou plus durable, mais ce qui est certain, c’est que les actions de valeur se négocient à un escompte record par rapport aux actions de croissance. Notre allocation en actions japonaises a également bien contribué à la performance mensuelle. La stratégie de suivi de tendances a été le principal détracteur, du fait de l’impact de la hausse des rendements obligataires, mais le fonds était toujours en hausse de près de + 20 % cette année. Nous avons ajouté un fonds défensif d’actions mondiales aux portefeuilles en septembre. Le fonds a une approche axée sur la valeur et son positionnement défensif actuel se traduit par une exposition importante aux liquidités et à l’or. Au moment où certains facteurs de marché semblent s’essouffler, le fonds pourrait bénéficier d’une reprise de la demande d’actions de valeur et d’une normalisation des rendements obligataires.
 

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