Perspectives d’Investissement 2019 | Revue Semestrielle

Synthèse

Cette publication semestrielle s’articule en trois parties. Nous réexaminons tout d’abord les attentes que nous avions formulées en janvier. Nous analysons ensuite plusieurs indicateurs économiques clés. Enfin, nous présentons l’allocation d’actifs recommandée pour le deuxième semestre 2019.

Nous avons réduit notre exposition aux actions par rapport au début de l’année.

Notre exposition aux actions était surpondérée en début d’année. Convaincus que les risques de récession étaient surestimés lors de la correction de décembre, nous n’avions pas réduit notre allocation aux actions à ce moment-là malgré de fortes turbulences sur les marchés. Ce positionnement a porté ses fruits: le net rebond observé sur les quatre premiers mois de l’année 2019 a contribué à la solide performance des portefeuilles, tandis que les marchés obligataires s’inscrivaient également en progression.

Nous avons tiré parti de l’élan résolument haussier des marchés d’actions pour réduire notre allocation à cette classe d’actifs, qui passe d’une surpondération à une sous-pondération. Dans ce contexte de montée des incertitudes, nous nous voulons prudents, en effet. Sur les marchés obligataires, s’il est vrai que nous n’anticipions pas de forte augmentation des rendements des emprunts d’État, leur effondrement depuis janvier a créé la surprise et a largement contribué à la solide performance des expositions obligataires

Les politiques américaines sont une source d’incertitude croissante pour les marchés

Après avoir été sous pression fin 2018, les marchés ont été moins volatils et relativement réfractaires aux mauvaises nouvelles sur les quatre premiers mois de l’année. Le vent a tourné en mai: après une série de tweets de Donald Trump, la perspective optimiste d’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine a laissé la place à un regain d’inquiétude quant à une rupture des négociations. Les restrictions aux échanges entre les entreprises américaines et le géant technologique chinois Huawei ainsi que les menaces de droits de douane sur les importations du Mexique ont encore noirci le tableau. La liste des facteurs ayant déstabilisé les marchés est loin d’être exhaustive, mais ils ont un point commun: tous proviennent de la Maison-Blanche, qui a fait étalage de sa force afin d’atteindre certains de ses objectifs. Avec le lancement de la campagne pour l’élection présidentielle, la politique américaine devrait rester une source d’incertitude et de volatilité pour les marchés. .

Le terme mis à la normalisation des politiques monétaires a stimulé les marchés

Avec l’annonce d’une interruption de son cycle de relèvements des taux d’intérêt et de la fin de la réduction de son bilan, le virage à 180 degrés de la politique de la Réserve fédérale américaine a été l’un des principaux moteurs des marchés d’actions et obligataires depuis janvier. En réponse aux pressions sur les marchés fin 2018, la Fed a renoncé à un calendrier qui prévoyait une hausse trimestrielle des taux et annoncé que l’allègement progressif de son bilan prendrait fin en septembre, c’est- à-dire bien plus tôt que prévu. Lors de sa réunion des 18 et 19 juin derniers, la banque centrale américaine s’est même montrée plus accommodante, laissant entendre qu’une baisse des taux pourrait intervenir dès juillet. Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a également tenté de rassurer les acteurs du marché concernant la capacité d’intervention de l’autorité monétaire européenne. Les marchés se montrent de plus en plus sceptiques à l’égard d’un impact réel de la politique monétaire en cas de récession. La très grande provision de liquidité de la banque centrale chinoise (PBOC), qui équivaut à 60% de la création de crédit sur une période continue de 12 mois, est un autre facteur qui explique le rebond des marchés

Nous nous montrons prudents concernant le deuxième semestre

Alors que nous entamons le deuxième semestre, nos allocations obligataire et actions sont légèrement sous- pondérées et nous surpondérons la trésorerie. D’après nous, ce sont les politiques monétaires de plus en plus accommodantes qui expliquent la hausse des marchés, qui semblent par ailleurs sciemment ignorer plusieurs risques, notamment les perspectives décevantes du côté des entreprises, le ralentissement tendanciel de l’économie, le report des interventions des banques centrales et la dégradation des relations entre les États-Unis et le reste du monde. Nous préférons risquer de passer à côté de certaines revalorisations à court terme et privilégier la gestion des risques, d’autant que la performance des portefeuilles depuis janvier est appréciable.

Dans la section suivante, nous analyserons l’environnement macroéconomique et les conditions financières actuelles, à partir de plusieurs indicateurs clés qui nous servent de marqueurs. Nous ferons tout d’abord le point sur la rentabilité des différentes classes d’actifs au premier semestre avant de présenter nos prévisions pour le marché et notre allocation d’actifs

Sommaire

  • SYNTHESE
  • L’ENVIRONNEMENT MACROECONOMIQUE
  • LES CONDITIONS FINANCIÈRES
  • LES MARCHÉS FINANCIERS
  • PERSPECTIVES DES MARCHÉS
  • ALLOCATION POUR LE 2EME TRIMESTRE 2019

 

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